MULHOUSESon patrimoine industriel a été intelligemment mis en valeur, grâce à des musées prestigieux, l'élevant au rang de premier pôle de musées techniques d'Europe, notamment avec son musée de l'Automobile, la plus belle et la plus grande collection de voitures au monde. Quant à son histoire, elle se concentre dans le charme du centre-ville, à découvrir, à pied par le sentier du Vieux-Mulhouse.
Le coeur de Mulhouse, c'est ici qu'il bat et, ce, depuis le Moyen Age, où s'y tenaient déjà marchés, foires et cérémonies. Mulhouse comptait six corporations, bouchers, boulangers, tailleurs, maréchaux, agriculteurs et vignerons. Aujourd'hui, se déploient, tout autour de la place, de magnifiques façades colorées, encadrant une fontaine monumentale, construite en 1572. C'est sur cette place animée que se dresse l'hôtel de ville, édifié en 1552. Ce palais doré est un joyau de la Renaissance rhénane. Suspendu sur le pignon droit, admirez le Klapperstein (masque de pierre grimaçant des bavards pesant une bonne dizaine de kilos), que les personnes médisantes devaient porter le jour de grand marché, assises à rebours sur un âne.
Si la ville basse contenait l'activité économique, la ville haute, quant à elle, accueillait les ordres religieux et les cours nobles. On y remarque aussi l'église Sainte-Marie, remaniée au XIXe siècle et seul vestige du couvent des Franciscains du XIIe siècle. Dans la Grand-Rue, la chapelle Saint- Jean date du XIIIe siècle, classée par les Monuments historiques. Les grands noms de l'industrie mulhousienne choisirent, entre autres, la ville haute pour s'y établir, d'où la présence de magnifiques hôtels particuliers, notamment dans la rue des Franciscains ou encore dans les quartiers résidentiels, avenue Clemenceau, porte du Miroir, rue de la Sinne où se trouve également le premier théâtre mulhousien, daté de 1867.
Situé à l'arrière du marché du canal couvert, dans le coin de la rue de Strasbourg, ce quartier est un des plus agréables de Mulhouse : venelles étroites et maisons mangées par le lierre avec leur jardinet. L'origine de ce quartier réside dans le rêve du patronat du XIXe siècle qui oscille entre tentation de création de phalanstères à la Fourier et paternalisme classique.
La cité médiévale était entièrement enserrée dans un mur d'enceinte, jusqu'au XIXe siècle où ils seront détruits pour laisser se développer la ville en créant un centre tertiaire inspiré du style Empire, autour d'un jardin triangulaire. Seuls vestiges des fortifications, les tours Nessel, la tour du Diable et la tour du Bollwerk, ornée d'une fresque, oeuvre du peintre Ferdinand Wagner et restaurée en 1893. Subsistent également une partie des murs d'enceinte, entrée rue de l'Arsenal ou rue des Franciscains, ainsi que son chemin de ronde côté cour des Chaînes.
Née de la passion d'un industriel, Fritz Schlumpf, la collection comporte plus de quatre cents automobiles, dont une centaine de Bugatti. La nouvelle scénographie met en valeur ce patrimoine célèbre comptant les véhicules ayant participé à l'aventure automobile, des plus anciens, aux plus rapides, en passant par les plus chers et les plus élégants. Dans une muséographie toute neuve, on peut admirer ces pièces d'exception : Bugatti Royale, Rolls Royce Silver Ghost, Aston Martin DB 5, de Dion Bouton. Mais au-delà du caractère exceptionnel des modèles exposés, c'est l'aspect ludique du musée qui séduit : pilotage de F1 grâce à un simulateur, émotions garanties de la " voiture tonneau ", circuit de mini-kart, présentation d'un robot de montage. Bref, un bien beau musée où l'on apprend en s'amusant, où l'on redécouvre son âme d'enfant.
Si les guerres ont meurtri à plusieurs reprises la ville de Cernay, les rues du centre sont cependant restées fidèles au plan carré de la vieille ville. La ville est ceinturée d'un double rempart : le mur extérieur a 12 mètres de hauteur et 150 centimètres d'épaisseur moyenne, le mur intérieur à 4 mètres de hauteur. Les fossés prennent leur eau dans le canal du côté de l'hôpital, ils sont transformés par la suite en jardins. Le monument médiéval le mieux conservé est la " porte haute ", ou porte de Thann, aménagée en Musée historique.
En 1368, les ducs d'Autriche autorisent à lever un impôt dont le produit doit servir au renforcement des fortifications. Elles forment un carré percé de trois portes, dont seules subsiste la porte de Thann. Le tracé des murs est encore visible avec deux tours d'angle conservées. La principale tour cornière connue est l'Eselturm ou " tour des ânes ". Cylindrique et ouverte à la gorge, avec des murs de 3 mètres d'épaisseur et deux étages de canonnières, elle date du XVIe siècle dans sa structure actuelle. Une autre tour d'angle, située à l'autre bout de la rue Latouche, porte le nom de Hexenturm ou tour des sorcières : on y enfermait autrefois les " possédées ".
La Route des Crêtes passe sous les remontées mécaniques du Markstein et parcourt les chaumes jusqu'au Hohneck en passant par des cols culminant à 1 205 mètres. Elle offre des points de vue magnifiques sur les vallées de la Lauch, de la Thur et de la Fecht. A cet endroit les crêtes sont très dénudées, presque chauves, c'est le paysage des Hautes-Chaumes. De vastes pâturages permettent aux vaches de paître librement. Au niveau du Rainkopf, juste avant le lac de Blanchemer se trouve la Réserve naturelle de la Tourbière de Machais. La route passe à côté de l'arrivée des téléskis de la station de La Bresse avant de parvenir au Hohneck qui culmine à 1 362 mètres d'altitude, c'est l'un des plus hauts sommets du département des Vosges. Le paysage est grandiose. Mieux vaut cependant venir ici par grand beau temps et ouvrir l'oeil sur les sentiers : le versant est très escarpé et dangereux. Soyez prudents !
La route descend ensuite en pente raide vers le col de la Schlucht (1 139 mètres). Le col de la Schlucht est un site emblématique du massif vosgien. Il arrive fréquemment que ce passage soit " bouché " ou tout au moins très encombré, et ce, quelle que soit la saison. L'hiver, le col de la Schlucht est une station de ski. Un télésiège permet de se rendre au sommet de Montabey, à 1 258 mètres d'altitude, qui offre un panorama sur tous les ballons des Vosges. Entre le col de la Schlucht et le col du Bonhomme, terme de la route des crêtes, il y a un beau point de vue sur le lac Vert. Le Gazon du Faing (1 303 mètres) est à 30 minutes de marche. Il surplombe le lac des Truites ou du Forlet. Depuis le col du Calvaire, on accède au lac Blanc et au Noir.
La vallée de la Doller débute véritablement à Masevaux et conduit jusqu'au sommet du Ballon d'Alsace (1 250 mètres). La route est très sauvage et peu fréquentée. La Doller et son eau limpide, peu ou pas calcaire, ont joué un rôle important dans le développement des industries textiles de la région mulhousienne. La place Clemenceau avec sa fontaine aux dauphins de 1863, est aujourd'hui le joyau du centre-ville de Masevaux. Non loin de là, on nomme un quartier Petite Venise, de par sa proximité de l'eau. La Doller se faufile en effet à travers les maisons du centre. Le pont rénové donne à cette petite ville un charme des plus naturels. Deux événements culturels : le Jeu de la Passion lors des dimanches de carême, et le festival international d'orgues, le dimanche d'août et septembre.
Depuis la place de l'église, il faut suivre l'anneau rouge, pour une balade d'environ 2h30, longue de 9,3 kilomètres, qui saura vous détendre tout en vous instruisant. Vous suivrez un parcours jalonné de Bunkers délimitant la ligne de front de 1914, mettant en valeur les vestiges de la guerre de positions durant les quatre années de face à face franco-allemande. Vous passerez également devant d'autres richesses patrimoniales de Masevaux, comme les moulins, le lavoir ou encore la source Hagendorn. La baignade est tolérée dans les lacs d'Alfeld, Neuweiher, des Perches, de la Seigneurie ainsi qu'au plan d'eau de Burnhaupt-le-Bas.
THANNLa légende dit que c'est à Thann que furent brûlées le plus grand nombre de sorcières. Depuis la nuit des temps s'est développée, ici, un sens particulier du sacré, un engouement pour la beauté qui a incité les ancêtres à ériger chapelles discrètes et statues. Si vous êtes de passage un 30 juin, ne manquez pas la célébration de la légende de saint Thiébaut par la crémation des trois sapins et un feu d'artifice.
Le château édifié au XIIIe siècle, et propriété des comtes de Ferrette fut détruit par l'intendant Poncet de la Rivière sur ordre de Louis XIV. Les explosifs vinrent à bout du château, le donjon se brisa en plusieurs parties et l'une d'elles, en retombant, se figea tel un oeil sur le promontoire. Cet immense anneau posé sur le sol est impressionnant et les habitants de Thann, ville qui aurait brûlé un nombre très conséquent de sorcières, préfèrent penser aujourd'hui que cet oeil est bienveillant. Il est possible de s'y rendre à pied. De ces ruines, un superbe panorama s'offre à vous.