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Retour sur l'enduropale du Touquet avec Thierry Traccan
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Retour sur l'enduropale du Touquet avec Thierry Traccan

Un sable chasse l'autre ?

Pas de Dakar in situ pour moi cette année. J'ai donc repris mes vieilles habitudes, installé dans mon canapé devant mon écran, et ne m'en levant définitivement qu'au moment où cette édition 2015 s'achevait le 17 janvier du côté de Buenos Aires.
Après l'aventure extraordinaire vécue en 2014
qui me mena, clopin, clopant, de Rosario à Valparaiso, je savais qu'il me serait bien difficile de remonter un tel projet dès l'édition suivante. Avant de poser le pied en Argentine fin décembre 2013, il m'aura fallu 14 mois pour réunir l'ensemble de mes partenaires, et peut être plus encore pour convaincre ma direction de me laisser partir...

C'est d'ailleurs cet aspect qui aura été le plus difficile à vivre, car, de mon point de vue, le plus surréaliste. Cet engagement, pour nos lecteurs, nos internautes, je n'y voyais (et n'y vois encore !) que des avantages. Les risques potentiels et inconvénients d'usages n'étaient, selon moi, en rien comparables avec le bénéfice qu'un tel engagement emportait. Et mon retour, célébré au Champagne au sein de l'entreprise, me laissa aussi perplexe que mon départ que je vécus dans une indifférence (au mieux) quasi générale.
Bref, je dois reconnaître que la force me manquait, fin janvier 2014, pour me lancer de nouveau dans l'élaboration d'un tel projet. Du Dakar 2015, j'en avais fait mon deuil, n'y pensant plus en tant qu'acteur, surveillant les cartes certes, suivant les infos, me rendant aux conférences de presse pour humer le désert comme je le pouvais, mais avec un détachement non feint. Cette fois, je ne serai point de l'aventure. C'était tout. Tout ? Pas vraiment en fait?

Ma cuirasse fut percée dès les premières images live du Dakar 2015. Pas facile de voir ses camarades de pistes lancés dans une nouvelle conquête pour quelques-uns, dans une simple quête pour beaucoup d'autres. C'est certainement pour ça que j'ai dit " oui ", sans plus réfléchir, à l'un de mes vieux potes qui me demanda de l'accompagner pour ce qui allait être son premier Touquet.
 Le sable n'était pas le même, plus lourd, plus abrasif, moins chaud, moins beau à coup sûr, mais chacun de ses grains portait pourtant de jolies promesses. Déjà le plaisir de faire de la moto dans un cadre exceptionnel, celui d'une station balnéaire huppée communiant, le temps d'un week-end, avec près de 200 000 spectateurs et plus de 2 000 pilotes. Une épreuve célébrant ses 40 ans cette année, une institution qui aura écrit quelques-unes des plus belles histoires des  courses moto françaises. Rien que pour ça, pour ce qu'elle représente, je ne boudais pas mon plaisir d'y participer. Et une heure après avoir quitté le parc fermé, je retrouvais le Touquet de mes souvenirs, celui que je savais rencontrer, une course rude où le terrain devient rapidement votre principal défi...

Enduropale Thierry Traccan

Des vagues de sables énormes où l'on semble pouvoir disparaître, des trous cassants, des ornières à choix multiples dont aucune ne propose la bonne solution, un vent soufflant si fort qu'il donne l'impression de pouvoir vous arracher votre casque, des projections d'eau et de sable qui vous fouettent le visage, et un effort de 3 heures partagé conjointement par 1 100 pilotes...
Le Touquet, c'est un sprint d'endurance réservé aux pilotes nordiques (ou assimilés) aguerris à cette technique unique du pilotage sur sable de plage qu'ils pratiquent à l'entraînement des mois durant. Forcément, impossible de rivaliser avec eux. Là où les meilleurs volent de vagues en vagues, les autres descendent au fond des trous, remuant chacun des grains, tâchant de tracer un chemin le plus rectiligne possible pour économiser son énergie. Je suis de ceux là.

Trois heures durant, je me suis évertué à maintenir le cap, subissant les éléments en essayant de ne pas leur prêter plus d'attention que cela, avançant, ménageant ma mécanique, sans me soucier du résultat. Au final, l'ordinateur de chronométrage me déclara 177ème sur 1 075 participants engagés.
Pas une prouesse non, mais je savais qu'avec un entraînement hivernal fantôme, il ne pouvait en être autrement. L'idée n'était de toute façon pas là. L'idée, c'était déjà d'accompagner un pote qui termina, éreinté mais dans un immense sourire, 485ème de son premier Touquet, et puis de goûter une fois encore au sable... Même s'il n'avait, comme prévu, définitivement pas la même saveur.   

Thierry Traccan
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