Un motard à Los Angeles

 

Découverte de la Californie à moto : une région courtisée par les motards, lieu idéal pour sillonner des routes aux points de vues variés et dépaysants. Aventures et récits de Thierry Traccan, notre pilote partenaire Club 14, parti quelques jours en roadtrip aux alentours de Los Angeles, au guidon d’une Triumph Tiger 900 Rally.

Partie 1 : Arrivée à Los Angeles, dépaysement total

Los Angeles par le sable. Comment ça par le sable ? Côté plages je veux dire, c’était l’idée de la balade, sauter de l’avion après un vol de 11 heures depuis la France et grimper sur une moto pour profiter pendant quelques jours, en plein mois de janvier, de la douceur de cet hiver californien.

Bon, pour être tout à fait honnête, je n’ai pas sauté dessus direct… Déjà parce que le ciel était un poil gris (on m’aurait menti ?), avec même quelques goutes tombant depuis tout là haut, et puis aussi parce que j’étais dans un mode un tantinet « jet lag », les jambes en coton et la tête dans le gaz, un statut certes adapté à un festival de musique techno, mais incompatible avec une conduite safe dans une ville dont la densité de circulation se mesure pare-chocs contre pare-chocs.

Après une nuit courte mais réparatrice (immanquablement, en mode hibou dès 4 heures du matin, toujours calé sur un fuseau horaire français qui annonce lui midi), que j’étire sans dormir jusqu’au levé du jour, je saute sur ma Triumph Tiger d’emprunt.

Le soleil a balayé les nuages, berçant ma couenne d’une chaleur presque oubliée… C’est étonnant de constater à quel point l’homme est capable de s’habituer à tout, et encore plus vrai de mesurer à quelle vitesse il s’habitue à mieux.

En même pas une demi-journée d’avion, j’ai l’impression d’avoir changé de planète. J’ai quitté Paris avec un thermomètre bloqué à 2°, j’en retrouve un à Los Angeles qui en inscrit 71 ! Bon, ok, ce sont des Fahrenheit, ce qui en laisse encore 22 en Celsius. Un joli plus 20. Pile ce qui fallait. Ni trop froid, ni trop chaud, la température idéale pour faire de la moto dans ce coin des USA.

En patientant à chaque feu rouge, et autant dire qu’on patiente souvent rapport au fait que, des feux rouges, on en trouve des wagons (pas ou peu de ronds-points aux USA) dans cette mégalopole, je me dis que je suis pile au bon endroit, pile au bon moment. Sûr que je n’aurais pas eu le même feeling en plein mois d’août, avec une quinzaine de degrés supplémentaires. J’aurais forcément trouvé ça bien, mais je me le serais dit en sueur, dégoulinant sous mes protections… Avec l’obligation de se rapprocher au plus près du Pacifique, pour y respirer cet air marin, et profiter des quelques degrés en moins qui l’accompagnent.

Ce n’est pas ce qui me motivait cette fois, juste le plaisir de découvrir ces plages dont on entend parler à longueur de pellicules, que ce soient celles du cinéma ou des séries télés… Malibu beach, Venice beach, Long beach, Newport beach… Du sud au nord, l’agglomération de Los Angeles représente 71 kilomètres de côtes. Autant dire que les stations balnéaires s’y succèdent.

Los Angeles ou la cité des anges, une ville fondée 8 petites années avant la Révolution française, soit en 1781, par Felipe de Neve, gouverneur espagnol de Californie. Une petite ville pendant plus d’un siècle, qui ne dénombre en 1887 que 11 500 habitants. L’histoire s’accélérera au cours du siècle suivant, passant en 1980 à près de 8,6 millions d’habitants, et encore 10 millions de plus en 2019, date du dernier recensement, pour un total de 18,8 millions d’habitants.

Seconde ville des USA après New York, impossible de se sentir seul sur les routes, ni sur les 1000 km d’autoroute (gratuit) qui quadrillent L.A. où 160 millions de kilomètres sont parcourus quotidiennement par les automobilistes, et par quelques motards. J’exagère, on en voit en réalité pas mal. Des sportives, des customs (Harley forcément, mais aussi des japonais), il semble que le motard américain aime faire le choix des excès. Bon en même temps, le custom est clairement adapté, une position et une conduite paisibles qui s’adaptent parfaitement à notre virée en bord de mer (pardon, d’océan). Mais perso, c’est bien pour un trail que j’ai opté.



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*Photos : Olivier de Vaulx

 

 

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