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Rossi raccroche le cuir

Suite à l’annonce du départ à la retraite de Valentino Rossi en fin de saison, Thierry Traccan revient sur ce champion italien de MotoGP qui aura porté son "casque de pilote pendant 25 années au firmament du sport moto".

On sentait l’annonce venir. La veille des premiers essais du GP de Styrie, le jeudi 5 août dernier, lors d’une conférence de presse où se sont pressés les quelques journalistes tolérés dans la bulle artificielle imaginée pour se protéger du covid 19 par la Dorna, promoteur du MotoGP, Valentino Rossi a annoncé que cette deuxième partie de saison 2021 serait sa dernière. La dernière avec un casque de pilote sur la tête.

Ce casque, le champion italien l’aura porté pendant 25 années au firmament du sport moto. Une arrivée remarquée en GP125 dès 1996, une première couronne mondiale glanée l’année suivante, puis le passage en 250 cm3 en 1998 et une seconde couronne coiffée en 1999. Un gamin facétieux qui respire la joie de piloter et dont émane une bonne humeur tellement communicative qu’une large partie du public adopte immédiatement le natif de Tavulia.

Il ne les décevra pas, au contraire, l’italien les envoûtera définitivement quand, fidèle à une ligne de conduite rigoureusement suivie depuis son arrivée en GP, il apprit lors de sa première année en GP 500 (terminant second du championnat, à une poignée de points seulement du vainqueur, Kenny Roberts Junior) et empocha avec autorité le titre l’année suivante, en 2001. Trois titres mondiaux en 6 ans, un statut de star, pilote n°1 du HRC, tout puissant service course Honda, Rossi domine avec autorité le début du championnat MotoGP lancé en 2002.

Les titres semblent tomber avec facilité, de quoi motiver Honda, conscient de la supériorité de sa machine, à en demander toujours plus à son pilote qui, de son côté, entend contrôler davantage son image et gagner en liberté.

Le divorce est consommé, et sa nouvelle histoire, Rossi l’écrit désormais avec Yamaha. Dès sa première année avec la firme aux trois diapasons, Valentino remporte le titre. Il en ajoutera 4 autres, pour en compter 9 au total, le dernier acquis en 2009. Neuf titres mondiaux, mais aussi 115 courses gagnées, 235 podiums escaladés, 65 pole-positions signés. Un palmarès en or massif que l’italien espère, au moins secrètement, encore allonger dans les prochains mois, ses tout derniers en tant que pilote dans la catégorie reine.

Pas certain qu’il y parvienne. C’est d’ailleurs son manque de performance comparé aux années précédentes, trop souvent relégué loin des premières places, qui ont poussé le Maestro, déçu mais lucide, a raccrocher le cuir. Champion jusqu’au bout, maître de son image, Rossi préfère en rester là. Ne pas risquer d’égratigner la statue que ses fans lui ont érigé, et profiter de l’engagement de son team VR46 en MotoGP dès 2022 pour certainement enfiler, non plus un casque, mais une nouvelle casquette de team manager.

Nouvelle histoire, nouvelle épopée, Valentino Rossi s’apprête à revêtir un costume inédit sans que son aura n’en souffre. Avec un parcours que l’on sait désormais touchant à sa fin puisque se bouclant en novembre sur le circuit de Valence (Espagne), on se doit de profiter au maximum des derniers rayons émanant de la Yamaha n°46… Des rayons qui nous auront apportés sourire et joie depuis bientôt 30 ans. Chapeau champion, et merci.  

 

Trac. 


 

 

Crédit Photo : Paddock GP

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